Travail de rue avec
les personnes sans-abri
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(c) Lucie Martin

Nos interventions

Vivre dans la rue implique bien souvent d’autres modes de rapport à soi et à la société. C’est en acceptant cette réalité différente que les travailleurs de rue peuvent tenter de rouvrir un horizon avec des personnes sans-abri qui se vivent dans une impasse.

DIOGÈNES propose un accompagnement psycho-social global sur-mesure afin de favoriser l'inclusion sociale des personnes sans-abri, l'accès aux droits et la reconstruction de liens sociaux. Les travailleurs de rue sont formés pour faire face aux situations les plus complexes. En ce compris celles où une personne en grande souffrance refuse l'aide et les soins qui lui sont proposés.

Dans une optique d’accompagnement de trajet, la prise en en charge permet de prendre en compte des problématiques variées telles que, par exemple, les addictions, les problèmes de santé mentale ou les troubles neurologiques sévères.

Nous proposons une orientation vers des structures adaptées en matière de soins de santé, de santé mentale, de suivi juridique et administratif. Nous assurons, également, des relais efficaces vers les services d’aide du secteur sans-abri : CPAS, centres d’hébergement d’urgence, maisons d’accueil, services d’accueil de jour, services d’accompagnement à domicile, …

L'expérience et la formation continue du personnel permettent de déployer une large gamme d’interventions. De l’identification des besoins de la personne à sa mise en logement, en passant par un travail de (re)motivation et par la planification des parcours d’insertion.

Au fil du temps, les travailleurs de rue deviennent, pour les habitants de la rue rencontrés, des personnes de référence ayant une vue globale des difficultés et des trajectoires de vie propres à chacun. Ce qui leur permet de jouer un indispensable rôle de médiation avec les institutions, de redonner accès aux droits et de prévenir les retours en rue.

Par ailleurs, nous soutenons la société dans sa compréhension de la vie en rue et proposons des adaptations de politiques, de dispositifs institutionnels et de pratiques.

L'asbl DIOGÈNES est agréée par la Commission communautaire commune de la Région de Bruxelles-Capitale en tant que service de travail de rue assurant l'accompagnement des personnes vivant habituellement en rue. 


Lieux d'interventions

DIOGÈNES travaille sur les terrains de vie des habitants de la rue. Nous ne recevons personne au bureau, aucune permanence n’y est organisée. Nous déployons notre action sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale. Mais il nous arrive d’aller au-delà de ces frontières lorsque nous intervenons dans les prisons, hôpitaux et autres services d’aide situés en dehors de Bruxelles.

À côté des endroits que nous investissons quotidiennement (le Pentagone, les principales stations de métro, les trois grandes gares, le piétonnier du centre-ville, …), il en est d’autres, plus décentrés, où nous nous rendons plus ponctuellement lors de parcours libres ou lorsqu’une situation problématique nous est signalée par un tiers (habitants du quartier, commerçants, passants, …)

Nous rencontrons notre public tant dans des espaces privés (un logement, par exemple) que dans des espaces publics (rues, places, parcs, …) ou semi-publics (c-à-d des espaces privés expressément ouverts au public tels que les gares, les stations de métro, les cafés, …). Nous travaillons régulièrement dans des lieux aussi variés que les squats, les églises, les halls d’immeubles, les salles d’attente des services, etc.

Nous ne nous cantonnons pas à investir la dimension physique de ces espaces, mais veillons à interagir avec l’ensemble des acteurs que nous y rencontrons : agents de nettoyage, préposés aux toilettes publiques, agents de sécurité, commerçants, tenanciers de café, prêtres, professionnels du secteur psycho-médico-social, … Nous jouons un indispensable rôle de médiation, d’information et de soutien pour permettre l’émergence de relations sociales solidaires et pour favoriser la construction de compromis de coexistence.

Nous nous considérons comme « visiteurs » ou « invités » des personnes que nous accompagnons. Nous mettons un point d’honneur à nous comporter dans leurs lieux de vie avec tous les égards et le respect que nous devons à nos hôtes.


Nous sommes tout particulièrement attentifs aux obligations et devoirs que nous impose ce statut lorsque nous nous rendons dans endroits aussi réglementés que certains squats ou certains services d’aide.

Les squats dans lesquels nous entrons peuvent être plus ou moins organisés et plus ou moins confortables (certains sont extrêmement rudimentaires), il nous importe toujours de respecter les règles de vie et les habitants des lieux.

Les services sociaux avec lesquels nous collaborons et dans lesquels nous nous rendons sont très diversifiés. Il peut s’agir, par exemple, d’hôpitaux, de maisons médicales, de centres d’accueil de jour, de centres d’hébergement, de CPAS, de centres de santé mentale, etc. Nous ne nous substituons pas aux collègues que nous rencontrons dans ces lieux, mais tentons, dans le respect de chacun, d’être des facilitateurs de liens entre la personne sans-abri et le professionnel. Lorsque cela s’avère nécessaire, nous essayons de prôner des adaptations des pratiques de travail ou du dispositif institutionnel pour baisser le seuil d’accès du service en question et permettre l’accès aux doits des personnes que nous soutenons.

La plupart du temps, lorsque nous nous déplaçons dans un service, c’est dans le cadre de l’accompagnement physique d’une personne que nous aidons, mais il nous arrive également de nous y rendre pour faire connaissance avec de nouveaux habitants de la rue ou pour maintenir le lien avec une personne se trouvant temporairement hors de la rue. Dans un cas comme dans l’autre, nous veillons à rester disponibles, en appui aux uns et aux autres.


Types d'interventions

  • Accompagnement psycho-social 
    Reconnaître les personnes sans-abri, « faire exister » et « faire s’exprimer ». Ce travail décisif prend la plus grande partie de notre temps. L’enjeu n’est autre que d’établir les fondements d’un accompagnement durable sur le long terme. Mots-clés : entrer en contact, travailler la demande, évaluer la situation, écouter activement et soutenir, informer, valoriser, confronter, renforcer les discours positifs, refléter, renforcer les capacités, (re)motiver, suivre l'évolution, ...
     
  • Accompagner vers les services 
    Se déplacer physiquement, ensemble avec un habitant de la rue, vers une organisation ou une institution. Etre le bras droit de la personne et son soutien dans son contact avec le service. L’accompagnement physique des personnes demande, certes, beaucoup de temps, mais il s’agit d’un élément particulièrement crucial du travail. Nous prenons beaucoup de temps pour bien préparer cette étape de façon à ce que le résultat visé soit en accord avec la personnalité de la personne sans-abri et corresponde à ses choix et à son rythme. Mots-clés : être ensemble, soutenir, être le « traducteur » de la personne, faire médiation, informer, expliquer, suivre les décisions et les évolutions, faire du lien, ...
     
  • Orienter
    Créer des liens et des « ponts » avec la société et ses ressources. Nous utilisons notre connaissance du secteur psycho-médico-social pour donner les bonnes informations et faire des relais adaptés. Afin que leur rencontre se passe au mieux, nous veillons à maintenir des contacts de qualité tant avec les habitants de la rue qu’avec les services vers lesquelles nous les orientons. Les relais réseau demandent beaucoup de temps de travail. Plus le travailleur de rue est bien intégré dans le monde social et institutionnel bruxellois, plus il trouve facilement son chemin pour guider l’habitant du métro avec lequel il travaille.
     
  • Visiter, stabiliser et prévenir les retours en rue
    A partir du moment où l’habitant du métro a trouvé un logement ou une place en institution (hôpital, maison de repos, ...), nous lui rendons des visites régulières. Ce type de soutien a toute son importance tant dans la phase de transition vers la nouvelle situation que dans celle de consolidation du changement.
     
  • Concertations de soins
    Mettre en place et/ou participer à des réunions de concertation entre l’habitant de la rue et les ressources du réseau de manière à donner plus de cohérence à l’aide et aux soins. Les concertations de soins sont importantes tant en termes de temps investi qu’en termes d’intérêt pour l’habitant de la rue. Nous accompagnons la personne en amont (préparation) et pendant la concertation (être traducteur, soutenir l’expression, ...), ce qui est essentiel tant ces réunions peuvent être vécue comme impressionnantes par notre public.
     
  • Aider et soigner 
    Nous privilégions les réponses du réseau aux réponses directes. Il nous arrive, néanmoins, face à des situations qui l’exigent (urgence médicale, ...) d’aider ou de soigner des personnes en rue. Nous mettons un point d’honneur à ce que cela demeure marginal dans notre travail !