Travail de rue avec
les personnes sans-abri
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Matelas entre deux arbres
Photo : © Wilco Bosems

Médiation Interculturelle

Passer outre les barrières socio-économiques, linguistiques et culturelles

Depuis quelques années, DIOGENES développe un projet de médiation interculturelle. Dans un objectif d’inclusion sociale, il vise à répondre spécifiquement aux besoins des personnes sans-abri qui font face à des barrières socio-économiques, linguistiques et/ou culturelles. Au quotidien les travailleurs de rue rencontrent un grand nombre de  personnes Roms et Polonaises. Ils constituent dès lors notre focus au sein de ce projet de médiation interculturelle, bien que nous restions alerte face à l’apparition de potentiels nouveaux groupes.

Pourquoi la médiation interculturelle ?

Chaque jour, les travailleurs de rue de l’équipe de DIOGENES partent à la rencontre de personnes sans-abri afin de définir avec eux un parcours d’inclusion sociale sur mesure en construisant les ponts nécessaires avec le reste de la société. Cependant, ce soutien - qui se base sur la relation de confiance entre la personne et le travailleur - peut être entravé en présence de barrières linguistiques et culturelles. Pour y remédier, nous avons choisi la voie de la médiation interculturelle. Elle permet de répondre à certaines problématiques visibles telles que la mendicité, les parents avec enfants en rue ou les dépendances qui peuvent toucher ces publics. 

Les publics Roms et Polonais que nous rencontrons aujourd’hui dans le cadre de la médiation interculturelle font également l’objet de nombreux stéréotypes et de préjugés. Exclus de notre société, ils sont souvent victimes de discriminations. Alors, au fil du temps, on constate alors qu’ils s’auto-excluent : ils ne demandent plus rien, ils ne s’adressent pas aux services d’aide parce qu’ils les pensent inadaptés ou n’en connaissent pas l’existence, ou ils préfèrent s’isoler pour se protéger. C’est pourquoi, DIOGENES se donne pour mission d’aller vers eux, de les informer de leurs droits et devoirs, de les orienter vers les services adéquats, de sensibiliser pour déconstruire les stéréotypes à leur égard, et d’engager les discussions avec d’autres acteurs qui se sentent impuissants ou frustrés dû au manque de compréhension. L’ensemble de nos actions a pour objectif un meilleur vivre ensemble, une bonne coexistence de chacune des personnes concernées.

Que font les médiateurs interculturels ?

La démarche interculturelle a pour but de faire communiquer deux cultures tandis que la médiation vise à créer l’ouverture nécessaire afin de rendre cette communication possible. Dès lors, le travail des médiateurs interculturels est avant tout de créer des ponts entre le public et le reste de la société, en accompagnant les personnes et en s'immergeant dans leur lieu de vie. Ils les informent, co-construisent un chemin d’accompagnement et participent au renfort de la confiance et de l’estime de soi. De plus, ils aident à activer des droits et avancent vers l’autonomie des personnes. Pour cela, il convient de “décoder” les communautés, c’est-à-dire d’analyser et de comprendre leurs façons de voir le monde.

La culture, c’est bien plus que la langue : pour comprendre la culture, il convient d’appréhender la politique, la géographie, l’histoire, le contexte institutionnel, la religion, la manière de former une communauté, etc. C’est pourquoi le rôle du médiateur interculturel dépasse largement celui de traducteur, même si cette partie du travail est cruciale afin que chaque personne puisse s’exprimer dans sa langue (et donc mieux comprendre et être mieux informé). 

Au-delà d’un accompagnement personnalisé et proche de la personne, les médiateurs interculturels exécutent une fonction de signal envers la société, le politique et les institutions : ils (in)forment, interpellent et sensibilisent. Ils font prendre conscience que nos actions découlent de nos valeurs identitaires et culturelles, souvent de façon inconsciente, et que, donc, ces dernières peuvent faire obstacle. Ils aident à ouvrir les esprits, à progressivement changer certaines mentalités et ainsi à avoir un effet positif sur l’inclusion des personnes dans notre société.

Et qui sont-ils ?

Tel le funambule qui cherche son équilibre, le médiateur interculturel navigue sans cesse d’un pôle à l’autre : il tente de créer des ponts entre deux cultures aux contextes et enjeux différents. Ainsi, le travail avec la communauté Rom implique une dimension de médiation familiale qui est quasiment absente du travail auprès de la communauté polonaise, représentée en majorité par des hommes seuls. Dès lors, une condition sine qua non pour être un bon médiateur interculturel semble être l’appartenance aux deux cultures en jeu et la connaissance des deux langues de la personne. Une simple connaissance de la langue ne suffirait pas, car il s’agit de pouvoir comprendre, décoder et répondre de manière adéquate à la demande, aux attentes, aux besoins des personnes rencontrées, qu'elles soient explicites ou non. Dès la première prise de contact, dans la manière dont on se présente à l’autre, le médiateur interculturel est jugé sur qui il est, parfois plus que sur ce qu’il fait : son parcours migratoire, son histoire personnelle, sa situation familiale, ses pratiques professionnelles mais aussi personnelles entrent en jeu lorsqu’il s’agit de créer un lien de confiance durable. 

Au sein de l’équipe de DIOGENES, Daniela, d'origine Rom de Roumanie, travaille avec sa communauté d’origine depuis 2003 tandis que Dorota et Gosia se basent sur leur vécu et leurs racines pour accompagner les personnes d’origine Polonaise. Bien entendu, nous pouvons également compter sur le soutien de partenaires qui proposent des services à ces publics spécifiques. 

 

> Pour en savoir plus sur le public d’origine Rom, suivez ce lien.

> pour en savoir plus sur le public d’origine Polonais, cliquez ici.