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Mains d'une personne qui manipule son téléphone

Bruxelles numérique : une mesure discriminatoire

Carte blanche autour de la dématérialisation des services à Bruxelles

Cette semaine, nous nous joignons aux 199 autres cosignataires de la carte blanche intitulée "Bruxelles numérique : une mesure discriminatoire". Dans cet article, nous exposons pourquoi nous trouvons important de garantir les "guichets humains" 

Yanis habite en rue. Depuis quelques mois, nous l'accompagnons dans les démarches liées à son statut de séjour. Lorsqu'il peut avancer seul, il utilise son smartphone. Il connaît les endroits à Bruxelles où il a accès à un wifi gratuitement. Il s'installe donc stratégiquement lorsqu'il doit s'adonner à des tâches administratives. Il nous raconte que son ami Manu n'a pas cette facilité parce qu'il n'a plus de smartphone. On le lui a volé en rue il y a deux semaines. Il doit alors attendre de voir son accompagnateur social pour fixer un rendez-vous avec son CPAS, et/ou se rendre sur place.

Le projet "Bruxelles numérique" rendra obligatoire l'accès en ligne aux services des administrations communales et régionales bruxelloises. La digitalisation permet de libérer du temps aux employés des services concernés et de ce fait d'accueillir plus de personnes. Elle donne aussi une alternative aux personnes qui ne peuvent pas se rendre physiquement à un rendez-vous. Si Yanis s'y retrouvera dans cette façon de fonctionner, Manu n'aura pas la garantie que les services auxquels il veut faire appel l'accueilleront encore sur place, avec ou sans rendez-vous.

Chez DIOGENES, lorsque nous accompagnons une personne, le processus est important. Nous réalisons les démarches administratives aux côtés de la personne, en l'accompagnant physiquement ou en l'orientant vers les services adéquats ou en envoyant des mails avec elle. Nous souhaitons que la personne soit engagée dans les démarches, qu'elle puisse donner son avis et que, à terme, elle soit autonome. La dématérialisation des services anéantit les possibilités d'autonomie pour les personnes qui n'ont pas (facilement) accès à internet, comme Manu. Digitaliser sans garantir d'option "hors ligne", c'est augmenter le risque de non-recours aux droits. Nous ne voulons pas de différence de traitement entre Manu et Yanis. Nous demandons à ce que les "guichets humains" soient maintenus pour conserver - ou même accroître - la flexibilité des services.

> Lisez la carte blanche ici <